14e Journée médiévale de Liverdun

Venez nombreux demain dimanche 20 mai à la fête médiévale de Liverdun (en Meuse, à environ 25 mn de route de Nancy). Les Compagnons de Valérien et d’autres troupes vous accueilleront à partir de 10 h.

Plus d’informations sur le site de la mairie de Liverdun

Visiter le site de l’Office de Tourisme

Published in: on mai 19, 2012 at 7:44  Laisser un commentaire  

Calendrier des fêtes médiévales – Saison 2012

Voici le calendrier des fêtes médiévales auxquelles les Compagnons de Valérien participeront cette année :

  • Liverdun (Meurthe-et-Moselle) – dimanche 20 mai
  • Lafauche (Haute-Marne) – week-end des 9-10 juin
  • Dombasle-sur-Meurthe – week-end des 23-24 juin
  • Guise (Aisne) – week-end des 4-5 août

Ce calendrier est susceptible de s’étoffer en fonction des sollicitations que nous recevrons.

Au programme, comme tous les ans, présentation d’ateliers à caractère didactique :

  • vie quotidienne (cuisine, taverne – dégustation d’hypocras, vin de rose, vin de sauge, présentation des épices – exposition de vaisselle d’époque reconstituée – poterie, verre soufflé – jouets pour enfants du Moyen Âge)
  • artisanat (forge, armement, sculpture sur bois…)
  • vie intellectuelle (calligraphie, héraldique et sigillographie, monnaie, musique, géographie, médecine, jeux de plateau, poliorcétique…)

Je travaille actuellement à la mise en place de l’atelier musique, pour lequel j’ai déjà des projets d’amélioration, d’une part, en le couplant partiellement avec l’atelier calligraphie pour produire du matériel d’exposition, d’autre part, avec l’étude de l’allemand, qui me permettra d’effectuer progressivement des recherches sur les Minnesänger.

Notez bien également les dates de la fête médiévale annuelle de Rodemack : le week-end des 30 juin et 1er juillet. Cela ne fait pas partie du calendrier de l’association, mais mon mari et moi y séjournerons probablement en compagnie de nos amis les Archers de Sire Contet.

Je prendrai soin d’annoncer chaque fête dans un article dédié, présentant le site historique et précisant les horaires d’animation.

En espérant vous voir nombreux.

Published in: on mars 15, 2012 at 6:40  Commentaires (3)  

Le musicien médiéval

Avant de présenter la musique médiévale, je voudrais parler de la place des musiciens dans la société du Moyen Âge central (XIIe-XIIIe siècles), période à laquelle notre association s’intéresse particulièrement. Au XIXe siècle, le mouvement romantique s’est nourri d’éléments médiévaux, qu’il s’est réappropriés, en partie inconsciemment. Il faut dire que les méthodes d’investigation historique n’en étaient alors qu’aux balbutiements. Difficile, donc, de faire la part des choses entre les réalités d’une époque passée et les fantasmes auxquels sa redécouverte donnait lieu. Cette réinvention du Moyen Âge, bien qu’elle se soit révélée, sur le plan littéraire et artistique, source de créativité, est à l’origine d’un certain nombre de clichés encore ancrés chez la plupart de nos contemporains. L’un des plus marquants est l’image du « pauvre troubadour », vagabondant de château en château et de ville en ville, entonnant des chansons d’amour courtois pour mendier son pain. Cette image résulte d’un amalgame entre deux genres musicaux, et deux, voire trois catégories de musiciens, à savoir :

  • la musique de cour, pratiquée par des membres de la noblesse ou des roturiers gravitant autour d’eux ;
  • la musique populaire, pratiquée par des musiciens ambulants.

Parmi les musiciens de cour, on distingue :

  • le troubadour (au sud de la Loire) ou trouvère (au nord de la Loire), du latin trovare : trouver (pris au sens d’inventer), généralement un membre de la noblesse — et même dans certains cas, un chevalier — qui s’adonne à la composition ;
  • le ménestrel, du bas latin ministerialis : chargé d’un service, musicien au service d’un seigneur, qui interprète les pièces composées par les troubadours et trouvères.

Les musiciens de rue, quant à eux, sont appelés jongleurs (du latin joculator : homme qui plaisante), sans distinction avec les danseurs, comédiens et autres forains, avec qui ils se produisent.

Je voudrais m’arrêter un instant sur la notion d’artiste, qui, pour l’homme médiéval, revêt un sens tout autre que le sens actuel. Le mot artiste découle en fait du mot artisan. Au Moyen Âge, on parle d’artefices pour les uns et les autres, sans distinction. Néanmoins, ce terme s’applique uniquement à ceux qui fabriquent, produisent quelque chose de leurs mains, aussi bien le boulanger que le sculpteur, le cordonnier que le maître verrier. C’est le savoir-faire qui est considéré, l’aspect manuel du travail, et non son aspect créatif, comme c’est le cas aujourd’hui. De fait, le trouvère, au même titre que l’architecte, ne saurait être qualifié d’artefices. Il appartient à une autre catégorie sociale : celle des intellectuels1.

Mais alors, quelle place pouvait bien tenir le musicien ambulant dans une société ainsi ordonnée ?

Un ouvrage publié en 1987 sous la direction de Jacques Le Goff2 nous offre dix profils d’hommes médiévaux, correspondant à des catégories sociales issues du mode de représentation médiéval. On y trouve : le moine, le chevalier et le guerrier, le paysan, le citadin, l’intellectuel, l’artiste (artisan), le marchand, la femme, le saint et le marginal. C’est dans cette dernière catégorie que nous pouvons identifier le jongleur3. En premier lieu, parce que le nomadisme qui caractérisait son mode de vie allait à l’encontre de la stabilité, valeur essentielle dans la mentalité médiévale, car associée aux notions de sol natal et de communauté – dont découlent la sécurité et l’ordre, ce dernier ayant pour condition absolue la répartition sociale des tâches. En second lieu, parce que le fait de se produire en spectacle pour gagner sa vie équivalait, dans les esprits, à une forme de mendicité, ce qui était déjà le cas chez les Romains.

On constate, néanmoins, que tous les jongleurs ne s’accommodent pas de la vie errante. À partir du XIIIe siècle, avec la mise en place des confréries de métiers, certains d’entre eux se rassemblent en communautés régies par un code, à l’instar des artisans et commerçants. Les confréries de jongleurs animent régulièrement les fêtes locales et les mariages. D’autres jongleurs finissent par entrer au service d’un seigneur, obtenant ainsi une charge de ménestrel4.

Je ne m’attarderai pas davantage, dans cet article, sur les troubadours, trouvères et ménestrels, car ce sont précisément leurs activités que je compte présenter par le biais de mon atelier, et qui constitueront donc le sujet de la grande majorité des articles de ce blog — la musique populaire est en effet plus difficile à appréhender, en raison du manque cruel de sources.

1 La musique fait partie des Arts Libéraux enseignés dans les universités, où de nombreux cadets de familles nobles étudient. Sur les universités, voir LE GOFF Jacques. Les intellectuels aux Moyen Âge. Paris : Seuil, 1957, 1985.

2 L’Homme médiéval [titre original en italien : L'uomo medievale]. Paris : Seuil, 1989 [pour la traduction française].

3 Bronislaw Geremek, dans le portrait qu’il dresse du marginal (in : L’Homme médiéval [op. cit.], p. 381-412) parle de ménestrel pour désigner le jongleur. Il s’agit visiblement, soit d’une erreur de traduction, soit d’un emploi abusif, car le terme ménestrel, outre son étymologie (voir ci-dessus dans l’article, § 2) s’applique dès le XIe siècle à des serviteurs. Il semble que ce soit chez Chrétien de Troyes que ce titre désigne pour la première fois dans les textes un musicien (DUBOIS Jean et al. Dictionnaire étymologique du français. Paris : Larousse, 1964, 1995).

4 B. GEREMEK. Ibidem. p. 402-403.

Quelle approche de la musique médiévale ?

Avant toute chose, je crois qu’il est essentiel de définir la démarche adoptée dans la mise en place de mon stand de musique médiévale, notamment afin de prévenir certaines critiques, que j’imagine volontiers se profiler.

Cela fait quelques années que je m’intéresse à la musique médiévale. Je ne prétends pas, loin de là, tout connaître à ce sujet. Néanmoins, plusieurs de mes collègues et moi-même avons pu constater que de nombreux éléments restent, sinon inconnus, du moins incertains. Or, j’ai découvert, en parcourant l’Internet, qu’il s’est créé des “écoles” aux procédés frisant l’intégrisme.

Que certaines personnes aient fait le choix de pratiquer ce que l’on nomme archéologie expérimentale, c’est tout à leur honneur, mais ce n’est pas une raison pour mépriser, fustiger de manière systématique et qualifier d’usurpateurs ceux qui abordent la musique médiévale avec une démarche différente de la leur, alors même que cette démarche est assumée comme telle, et que ceux qui s’y engagent savent visiblement faire la part des choses.

Le répertoire médiéval n’est la propriété de personne, et je ne vois pas ce qu’il y a de mal à le jouer sur des versions modernes d’instruments, tant que l’on ne cherche pas à faire avaler au public qu’il s’agit d’instruments médiévaux. Si l’on suit cette logique, il ne nous reste plus qu’à frapper d’anathème n’importe quel pianiste qui interprète du Beethoven, sous prétexte qu’il le fait sur un quart-de-queue Steinway et non sur un pianoforte du début du XIXe siècle.

D’autre part, l’idée même que l’on puisse se prétendre puriste en matière de musique médiévale m’apparaît assez douteuse, étant donné que la restitution d’un certain nombre d’éléments appartient au domaine de l’hypothèse. Surtout quand je vois la manière dont ces mêmes “puristes” abordent les sources iconographiques, en les prenant au pied de la lettre comme s’il s’agissait de photographies, alors que les historiens – je prends l’exemple de Michel Pastoureau, pour ne citer que lui – recommandent dans ce domaine la plus grande prudence. Aussi, cela m’attriste de voir à quel point, en étant persuadé d’adopter une démarche scientifique, on en vient à se nourrir de certitudes et de vérités établies, dans un domaine où l’humilité devrait constituer le maître mot. C’est là une déviance vers l’escroquerie intellectuelle, étiquette que j’ai a contrario vu coller à des musiciens dont la qualité du travail n’est plus à démontrer, et qui eux, peut-être, ont la sagesse d’approcher la musique médiévale avec autre chose que des œillères.

Cette mise au point effectuée, j’en viens donc au fait : l’explication de ma démarche.

Je ne prétendrai nullement recréer les conditions d’interprétation et d’écoute qui pouvaient exister au Moyen Âge, cela pour plusieurs raisons.

En premier lieu, je considère que cet idéal atteint rapidement ses limites, ne serait-ce que parce que nos oreilles et celles de notre public, quelle que soit la manière dont nous nous efforçons de les conditionner, restent des oreilles du XXIe siècle, qui entendront forcément la musique médiévale à la lumière de celle des siècles suivants.

En outre, mes moyens financiers ne me permettent pas de collectionner, comme le font certains musiciens, les reconstitutions d’instruments médiévaux, et je ne possède ni le savoir-faire, ni la fibre manuelle pour les réaliser moi-même. Aussi n’ai-je pas de scrupules à employer un luth arabe moderne fabriqué par un luthier marocain, plutôt que de me ruiner dans un hypothétique luth médiéval occidental qui, somme toute, présentera avec ce dernier des différences organiques minimes.

En ce qui concerne la harpe, mon instrument “chouchou”, un autre problème, plus pratique, se pose. Même si j’avais les moyens de me faire construire par un luthier une harpe telle qu’il semble qu’elles existaient au XIIIe siècle, j’obtiendrais un instrument entièrement diatonique, sans les leviers qui, sur les harpes celtiques actuelles, permettent de passer d’une tonalité à une autre sans avoir à ré-accorder l’instrument à chaque fois que l’on change de morceau. Or, après expérience sur une harpe “made in Pakistan” de dépannage – que je vous déconseille fortement d’acheter – j’en viens au constat suivant : avec mon stand de présentation à tenir, et les gens qui attendent que je leur fasse une démonstration, cela n’est pas gérable.

Oreilles modernes à séduire, donc, et instruments modernes se rapprochant, dans la mesure de mes moyens, des instruments médiévaux. Je travaille avec des partitions transcrites en notations actuelles – tonales – car j’ai appris la musique ainsi, et que s’obliger à fonctionner de manière courante avec des notations médiévales me semble relever du folklore – certains poussent le snobisme jusqu’à prétendre qu’il vaut mieux s’éclairer à la bougie ; après tout, si ça les amuse, tant mieux. De mon côté, j’ai décidé d’assumer mon état de musicienne du XXIe siècle, de formation classique. C’est sur le stand lui-même, ainsi qu’à travers les explications apportées au public, que je préfère concentrer les éléments “scientifiques”.

Les prochains articles de cette rubrique tourneront autour du matériau d’exposition et de la façon de le mettre en valeur.

Un nouvel atelier pour 2012

Médiéviste de formation, cela fait maintenant quelques années que j’ai joint l’association des Compagnons de Valérien, basée en Lorraine, et spécialisée dans la présentation de différentes activités civiles du Moyen Age (artisanat, commerce, vie intellectuelle).

Jusqu’à présent, je tenais un atelier consacré à l’apothicairerie, mais j’ai fait le choix de l’abandonner pour un nouveau projet qui associerait à l’histoire une autre de mes passions : la musique.

Avant de me lancer dans cette entreprise, il a fallu m’assurer de l’accueil qu’elle rencontrerait auprès du public. Pour ce faire, j’ai mis à profit la saison 2011, faite de tâtonnements et d’expériences plutôt convaincantes. Le printemps 2012 verra donc, je l’espère, l’inauguration de cet atelier. Mais auparavant, un lourd travail de mise en place m’attend, qui nécessite des compilations documentaires, de la réflexion et du travail vocal et instrumental. A travers ce blog, je souhaiterais vous faire partager la construction et l’évolution de mon atelier, tant sur le plan matériel et artistique que sur celui de la recherche.

Published in: on décembre 26, 2011 at 9:49  Laisser un commentaire  
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